2011-01-23

 

Promenade au pays du froid

L'hiver, le vrai, est enfin de passage à Québec. Plus besoin de s'inquiéter de neige fondante, de verglas, de glaçons qui se détachent des gouttières, de sloche et de gadoue... La neige grince sous la botte comme une meringue fraîche sous la dent. Mais au moment d'emprunter une Communauto, on s'inquiète un moment : la voiture va-t-elle démarrer? Car, puisqu'une amie française était en visite, nous lui avons offert une balade jusqu'aux chutes Montmorency. Quelques obstacles se présentent, dont un portillon cadenassé et flanqué d'un avis prévenant les promeneurs qu'ils le franchiraient à leurs risques et périls. Il était possible de le sauter, cependant, ou de le contourner en empruntant la voie du chemin de fer, puis en passant dessous.Comme on peut le voir ci-dessus, la chute principale coule encore, encadrée par des falaises de glace. (La chute dite le Voile de la Mariée coule aussi, même si le rideau de glace est encore plus massif.) Le paysage est d'une beauté sauvage et austère, qui fait oublier la proximité de la ville. Les quelques visiteurs sont des alpinistes qui s'exercent à l'ascension de pentes glacées sans trop s'intéresser au décor. D'autres visiteurs empruntent le téléphérique et se joignent sans doute aux flâneurs qui se lancent sur le pont au sommet de la chute pour l'admirer d'en haut.

En tout cas, la douceur de l'hiver québécois jusqu'à maintenant est révélée par la faible hauteur du pain de glace, du sommet duquel j'ai pris cette photo du pied de la chute. La glace sonnait un peu creux sous le talon, mais la fine couche de neige poudreuse à la surface de la glace portait de nombreuses traces de pas. Pas grand-chose à craindre, donc. L'impression de solitude était encore plus forte. On n'entendait plus que la chute et on n'apercevait plus que la chute, la brume soulevée par l'eau et un contrefort du pain de glace, dont le revêtement neigeux n'était marqué que de quelques rares séries de pas laissées par les plus aventureux...Enfin, de la pointe de l'île d'Orléans, le Saint-Laurent apparaissait comme une banquise de glaces parfois souillées, bosselées, craquelées, soulevées et stratifiées. Le soleil couchant brillait sur Québec et les silhouettes de ses édifices, dont le Château Frontenac, ainsi que sur les panaches de fumées ou de vapeurs vomies par les usines. Si nous n'avions pas vu de l'autoroute quelques étendues liquides, nous aurions pu croire que tout le fleuve était gelé, de Montréal jusqu'à son embouchure — et qu'il aurait suffi de s'aventurer sur la glace pour rejoindre le Vieux-Port... « Un paysage de fin du monde », a fait remarquer Lily. Ou post-apocalyptique, comme dans certains films. Et le village de Sainte-Pétronille était à peine plus affairé qu'un village post-apocalyptique. Mais le soleil nous indiquait aussi le chemin du retour.

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2010-03-30

 

Ce qu'on lit à Guantánamo

Ce qu'on lit à Guantánamo ?

Goscinny, voyons, comme on le voit dans cette photo d'une couverture d'un album de Lucky Luke, qui semble être une traduction de Dalton City. Mais en quoi cette histoire de prisonniers — les frères Dalton, évidemment — qui s'évadent d'un pénitencier étatsunien pour aller fonder un micro-État qu'ils gouverneraient à leur guise peut-elle donc passionner les prisonniers d'un pénitencier étatsunien qui avaient fait le rêve de constituer un État islamique gouverné par le Coran?

On se le demande.

Et on se demande si le photographe du Guardian a lu l'album en question, ou si on lui a flanqué cet album sous le nez sans lui expliquer pourquoi...

Il paraît qu'on lit aussi les aventures de Harry Potter à Guantánamo, mais ceci ferait l'objet d'une autre analyse.

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2009-09-03

 

Le passé en couleurs

Avant 1950, le monde existait en noir et blanc. La preuve, c'est qu'on rêvait en noir et blanc à cette époque, et peut-être aussi longtemps qu'il y eut des télés en noir et blanc dans les foyers...

Toutefois, il existe des témoignages en couleurs de la première moitié du XXe s., obtenus par une variété de procédés photographiques ou filmiques. On pourrait citer les nombreux autochromes réalisés en France, au bénéfice des revues à grand tirage d'avant la Seconde Guerre mondiale. Entre autres ressources désormais publiques, il existe des milliers de clichés en couleurs, sur film Kodachrome, des États-Unis au début des années 1940, ce dont discute un court reportage sur le site de la revue Time. Avant le Kodachrome, il y eut des procédés plus artisanaux, comme celui du photographe russe Sergueï Mikhailovitch Prokudin-Gorskii (1863-1944) à qui on doit des photos époustouflantes de la Russie tsariste. Dans la photo ci-contre [LC-P87-2106], on le voit (à droite) en compagnie de deux Cosaques (peut-être) vers 1915 aux abords du chemin de fer de Murmansk. La photo ci-dessous [LC-P87-4443] représente la ville de Tcherdyn vers 1910; on peut la comparer directement à cette photo, également prise à Tcherdyn du haut du château d'eau, mais par William C. Brumfield (né en 1944) en 2000.Depuis quelques années, on a remis au goût du jour les films en couleurs de la Seconde Guerre mondiale. À force, on finira peut-être par en faire autant avec le reste du monde et des actualités, au moyen des films et instantanés disponibles, histoire d'établir que le monde existait bien en couleurs avant 1950...

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2009-04-29

 

Les boisés d'Ottawa

Ottawa, capitale perdue dans les bois? À Montréal et ailleurs, on a fait des gorges chaudes quand la petite ville de bûcherons des années 1850 a été choisie pour devenir la capitale du Canada. Ottawa n'a pas exactement été la première capitale édifiée ab ovo, même si elle a précédé Brasilia ou Canberra, mais la capitale des États-Unis au bord du Potomac avait déjà donné l'exemple. Contrairement à Washington, toutefois, le site fournissait déjà des raisons d'exister à une agglomération puisque le canal Rideau débouchait à cet endroit sur la rivière des Outaouais. (En revanche, les Canadiens ont obéi aux mêmes motifs qu'aux États-Unis en optant pour une capitale à l'écart des métropoles existantes : l'incendie du Parlement à Montréal en 1849 avait disqualifié les capitales tournantes du Canada-Uni, tout comme l'attaque du Congrès fédéral à Philadelphie en 1783 avait poussé les législateurs étatsuniens à éliminer les grandes villes de l'époque.) De nos jours, toutefois, les photos ci-dessus que j'ai prises à quelques minutes des résidences du premier ministre et de la gouverneure-générale seraient plutôt des raisons de s'enorgueillir de la présence de la nature que la création de parcs (comme le parc de Rockcliffe où j'ai pris ces photos) et d'une ceinture de verdure a permis de conserver à l'intérieur des limites de la ville. Cette photographie de la résidence du premier ministre au 24 Sussex montre aussi que cette avenue bordée par l'ambassade de la France, le Haut-Commissariat du Royaume-Uni, la résidence du premier ministre et Rideau Hall bénéficie d'un écrin naturel de premier ordre, la plupart se dressant sur la falaise qui surplombe la rivière des Outaouais. Le feuillage est encore rare en ce début de printemps,mais cela permet de mieux apprécier les architectures contrastées sans rien enlever au cadre de verdure. Une autre façon d'évaluer l'importance du cadre naturel d'Ottawa, c'est de se rappeler que la ville est construite au confluent de deux importants cours d'eau, la rivière des Outaouais et la rivière Gatineau, comme on peut l'apprécier sur cette dernière photo (qui montre surtout les grands édifices de la ville de Gatineau, en face d'Ottawa, du côté québécois).

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2009-04-20

 

De la Maison Shaughnessy à Saint-Henri

Hier, j'ai profité du beau temps pour me promener. Après la réunion douloureusement matinale pour l'organisation d'Anticipation, je me suis rendu à l'exposition d'Alexandre Robichaud, « Dessine-moi le cosmos », à la galerie Quartier Libre dans Saint-Henri. En chemin, j'ai pris quelques photos du jardin de sculptures de Melvin Charney qui fait partie du Centre canadien d'architecture, face à la maison Shaughnessy (ci-dessous), qui sert de corps de logis principal du CCA. Le jardin de sculptures (qui serait aussi appelé « Le Village Shaughnessy »?) se trouve au sud du boulevard René-Lévesque. Sa pièce maîtresse est une façade fragmentaire, qui rappelle l'existence de maisons disparues tout en reflétant très fidèlement la maison Shaughnessy. Il n'y a qu'à comparer la photo ci-dessus et celle ci-dessous...Cet élément baptisé l'Arcade n'est qu'un faux-semblant qui cache la partie la plus intéressante du petit parc, une esplanade qui surplombe le chemin de fer, l'autoroute et la basse-ville montréalaise, c'est-à-dire les débuts du quartier Saint-Henri, autrefois un village de tanneurs sur les bords du canal Lachine, puis une petite ville besogneuse reliée par chemin de fer au centre-ville, et aujourd'hui un des quartiers les plus authentiquement habités du centre-ville (et un des mieux desservis par le métro)... L'envers de l'Arcade révèle qu'il ne s'agit que d'une façade à la Potemkine, dont on a poussé la construction juste assez pour cacher le boulevard René-Lévesque, et une partie du CCA. Depuis l'Esplanade Ernest-Cormier, on ne voit plus que le haut de la Maison Shaughnessy, comme le montre la photo ci-dessous — un effet qui n'est pas inintéressant, d'ailleurs.Par contre, ce grand belvédère semé de gravillons est piqueté de Colonnes allégoriques censées évoquer l'histoire de la ville et de son architecture. Mais les sculptures sont parfois un tantinet énigmatiques : si on ne se donne pas la peine de se renseigner, que faut-il retenir de la paire ci-après? Un temple protestant et des silos portuaires? Une banque ou une place de la Bourse? À Montréal, tant les banques que l'ancienne Bourse ont adopté l'apparence des temples gréco-romains. Autrefois, les banques étaient nombreuses à investir dans une forme d'architecture qui rappelait les sanctuaires de l'Antiquité pour souligner leur souci de pérennité : peut-être qu'on n'aurait pas eu de crise financière si les banques anglo-américaines n'avaient pas abandonné cette préférence pour les édifices exprimant la plus grande durabilité possible dans notre civilisation... L'hésitation n'est pas de mise dans le cas de la colonne suivante, coiffée de ce qui pourrait être une maison de poupée, mais où on reconnaît d'emblée une maison comme on peut en voir plusieurs encore aujourd'hui à Montréal. En particulier, elle est dotée d'un escalier qui donne accès à l'étage principal sans empêcher les autres locataires d'accéder à l'appartement au rez-de-chaussée. À première vue, la sculpture superpose cette maison typique de la fin du dix-neuvième siècle avec une maison plus humble, surmontée d'une cheminée, que l'on peut associer sinon au Régime français du moins à l'architecture canadienne-française. Le message est clair : ceci a remplacé cela, mais ce n'est pas une raison pour oublier. Je me souviens...
Dans un genre plus ludique, la Colonne suivante porte un assortiment de formes métalliques dont émergent au moins deux poutrelles, la plus élevée servant de socle à une maisonnette qui fait plutôt penser à une dépendance, voire à une cabane de défricheur. Le reste de la sculpture est-il censé suggérer le renouveau de l'architecture qui a résulté des nouveaux procédés de fabrication de l'acier au dix-neuvième siècle? Quand il est devenu possible de produire de l'acier presque aussi facilement que de la fonte ou du fer forgé, les armatures et charpentes métalliques ont pu bénéficier des qualités de l'acier. C'est ce qui a permis de construire les premiers gratte-ciel, mais aussi d'améliorer la durabilité des rails de chemin de fer ou de concevoir des machines plus résistantes. En même temps, les atouts de l'acier permettaient d'élever des édifices plus audacieux... Mais que vient faire là-dedans la petite maisonnette au sommet de la sculpture? Et le piédestal a-t-il un sens particulier? Il rappelle par son apparence les façades des grands immeubles du centre-ville et la superposition des trois composantes (les façades, les poutres de la charpente, l'habitation réduite à sa plus simple expression) pourrait représenter une sorte d'effeuillage qui montre ce qu'il y a derrière une façade monumentale : des matériaux de construction et l'idée de base de l'abri... La dernière Colonne que j'ai prise en photo est particulièrement frappante au plan visuel. Quant à sa conception, elle pourrait s'interpréter de la même façon que la précédente puisqu'elle combine une façade (de style néo-classique), une structure (de pont, par exemple) et une simple chaise. J'ai quand mêmefini par visiter la galerie Quartier Libre. Comme l'indique le titre de l'exposition, l'artiste s'intéresse au cosmos, à la cosmologie et même à l'astronomie. Ses toiles ne sont ni purement figuratives ni entièrement abstraites. L'Amas de la Vierge, le Grand Attracteur, les comètes, la théorie des cordes et les « planètes vacantes » sont au nombre de ses sujets.

À quelques pas de la galerie, je suis tombé sur un édifice comme on en trouve parfois dans les parties de la ville où il fallait occuper les lots disponibles de la meilleure façon possible, même si cela donnait des résultats un peu surprenants... comme dans le cas de ce petit immeuble commercial, occupé par des logements à l'étage et par un commerce au rez-de-chaussée — du moins, je présume que cette grande devanture vitrée servait autrefois à un boutiquier quelconque. Mais cette photo permet de bien apprécier l'étroitesse de la façade sur la rue principale par rapport à la profondeur derrière, sur la rue latérale. Le cas est assez rare pour ne pas avoir convaincu Melvin Charney d'en faire le sujet d'une sculpture! La photo ci-après offre un point de vue légèrement différent et suggère, si on la compare à cette photo un peu plus ancienne de cette maison de 1910, que l'édifice a fait l'objet d'une rénovation au moins partielle. (En particulier, la vitrine semble avoir profité d'une réfection.) En tout cas, pour les amateurs d'architecture, l'ensemble vaut le détour au même titre que la maison Shaughnessy du CCA.

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2009-04-09

 

Le goût des ruines modernes

Le goût des ruines est fort ancien, mais l'accélération des rythmes économiques modernes engendre son lot d'édifices abandonnés ou condamnés, sans qu'on ait besoin d'imaginer le monde sans nous. Et on peut les explorer, comme je l'évoquais dans ce billet et comme le décrit plus longuement Mario Tessier dans son article « Les ruines du futur », dans Solaris 169. Ces ruines modernes sont partout... À Blackburn Hamlet, en banlieue d'Ottawa, l'exploitation d'une série de serres a cessé il y a déjà un moment. Ayant manqué l'autobus pour me rendre à l'université, j'ai profité de l'attente de l'autobus suivant pour aller prendre quelques photos de ces serres dont la couverture (en verre ou en plastique) a disparu, et qui émergent de l'hiver finissant dans un état pitoyable. Et comme la végétation n'a pas encore commencé à bourgeonner, la nudité des lieux abandonnés est d'autant plus soulignée. Cette porte qui donne sur une serre ouverte à tous vents et des pavés descellés ne vaut-elle pas les entrées de certaines ruines antiques, du moins pour ce qui est de l'atmosphère d'abandon et d'oubli?Et pourtant, l'existence même d'une ruine ne témoigne-t-elle pas d'une espérance encore vivace? Si les propriétaires de ces serres se résignaient à admettre qu'il n'y a plus aucune espoir de relancer leur exploitation (commerciale ou autre), ne les abattraient-ils pas? Mais pour détruire, il faut aussi avoir une idée en tête et avoir conçu une utilisation nouvelle du site. Paradoxalement, donc, l'existence de ruines est aussi le signe d'une impossibilité de concevoir une espérance quelconque face au futur. Espoir dans le passé, désespoir face au futur : voila une alternative qui contient toute la décadence des civilisations.

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2009-04-06

 

Rues montréalaises

Hier, après avoir fait le saut de l'autre côté de la ville afin d'encaisser un loyer pour ma petite sœur, je suis revenu à pied, au soleil. Le fond de l'air pourtant printanier était assez cinglant, mais une bonne marche m'a réchauffé, en partant du magasin de vélos qui appartient pour moitié au locataire en question. Cette boutique bénéficie d'une devanture qui a de quoi attirer l'attention comme on peut le voir dans la photo ci-contre : on ne peut certainement pas nier que ce soit voyant! Il le faut sans doute puisqu'elle a pignon sur rue à quelques pas du carrefour, sur une artère plutôt résidentielle. Et l'édifice lui-même n'a sans doute pas été conçu pour accueillir un commerce au rez-de-chaussée, d'où une absence de vitrine, etc. Le choix des propriétaires s'explique-t-il aussi par une volonté de rejoindre la communauté des cyclistes à Montréal, qui se perçoivent souvent comme des esprits indépendants, voire des marginaux? (Ce qui ne va pas sans ironie quand on compare les voies réservées pour cyclistes à Montréal avec les efforts parfois nettement moins probants dans les autres grandes villes canadiennes.) J'ignore si les propriétaires rangent la nuit certains éléments de leur décor ou s'ils font confiance à l'honnêteté des passants — ou à leur désintérêt pour ce qu'ils pourraient prendre pour de simples bricolages? Non loin de là, j'ai croisé sur mon chemin une boutique utopique (ci-dessus). Mais l'utopie à Montréal, si on y regarde d'un peu plus près, c'est la coiffure, la pose d'ongles, l'épilation et les soins des pieds... Un peu plus loin, j'ai pris en photo une boutique nettement plus vénérable, Uniformes Trans-Canada (photo ci-contre). Ce commerce d'uniformes pour les travailleurs remonte à 1958, ce dont témoigne le style des grandes affiches vitrées, éclairées la nuit et posées sur les façades de l'immeuble. Les automobilistes sur la rue Saint-Denis ont le plus souvent l'occasion d'observer la devanture, mais j'ai choisi d'immortaliser la façade latérale, que l'on voit en remontant la rue vers le nord, mais pas vraiment dans l'autre direction (à moins de risquer l'accident). Quelques rues plus loin, c'est un tout autre style qui s'exhibe dans le cas de la cour à bois et centre de rénovation L. Villeneuve, qui a ouvert ses portes en 1973. Admirons le totem qui est sans doute censé illustrer l'art de tailler le bois, mais qui jure un peu dans un décor urbain si loin de l'océan Pacifique... Les rues de Montréal, ce sont aussi des maisons et des habitations d'une grande variété. Les édifices pourvus de balcons et d'escaliers extérieurs sont bien connus des visiteurs qui ont découvert Montréal pour la première fois, et parfois c'est tout ce dont ils se souviennent. Mais il existe des résidences en tous genres, y compris des maisonnettes (comme celle dans la photo ci-dessous) qui remontent à une époque de budgets familiaux nettement plus modestes... Depuis la ville s'est enrichie et on a construit des logements un peu plus spacieux, s'élevant sur un étage supplémentaire ou deux, mais certains pavillons d'autrefois subsistent encore.Tout ceci m'a inspiré l'idée de voir ce qu'on disait des rues de Montréal dans les ouvrages du début du XIXe s. Certes, Montréal n'était guère plus que le Vieux-Montréal à cette époque, mais on peut obtenir ainsi des impressions contrastées. Ainsi, dans une édition de 1843 des lettres de Catharine Parr Traill, une note en bas de page évoque une ville lugubre et sinistre, en particulier le dimanche : « « Il est impossible (dit M. Talbot, dans son livre intitulé Cinq ans de résidence), de se promener dans les rues de Montréal un dimanche ou un jour de fête, quand les boutiques sont fermées, sans recevoir les plus sombres impressions ; la ville entière paraît une vaste prise » — Il fait ainsi allusion aux volets des fenêtres et aux portes extérieures, qui sont en fer, et dont l'emploi a été adopté pour prévenir les effets du feu.» Le 21 mai 1844, un journal montréalais, Mélanges religieux, scientifiques, politiques et littéraires (un ancêtre en quelque sorte de Culture des futurs) annonce : « Le porte-manteau ou la caisse de livres dont nous avons annoncé la trouvaille dans notre avant-dernier numéro, n'a pas encore été réclamé. Comme les livres et les papiers sont en langue anglaise, les journaux de cette langue rendraient sans doute service au propriétaire s'ils avaient la complaisance de reproduire les lignes suivantes : Un porte-manteau, rempli de livres et de papiers, a été trouvé das les rues de Montréal. Le propriétaire le retrouvera en s'adressant au bureau des Mélanges religieux. » Le 9 mai 1849, dans L'Ami de la religion et de la patrie, les nouvelles sont moins bénignes, deux semaines à peine après l'incendie du Parlement (que l'on voit dans cette aquarelle de Charles William Jefferys) par les conservateurs (qui ont garanti ainsi qu'on ne songerait plus jamais à faire de Montréal une capitale) : « Les journaux tories publient, proclament hardiment et impunément les rapports et les sentiments les plus séditieux, se faisant aussi les échos de la rue. Une correspondance des plus actives se poursuit par la voix même du département de la Poste de Sa Majesté avec toutes les parties de la ville où règne de la sympathie pour le parti mécontent. Un maître de Poste d'une de nos paroisses au sud du fleuve, rapportait avec alarme l'autre jour, que par la même malle il était arrivé de Montréal 80 et quelques lettres à l'adresse des tories de sa paroisse, une pour chacun d'eux, et que depuis ce temps ces gens ont l'air de comploter ensemble. Dans les rues de Montréal on semble remarquer des signes d'intelligence, on croit entendre des mots de reconnaissance entre ceux dune certaine coterie.» Le 12 août 1854, un autre journal, Le Scorpion, de tendance plus humoristique (il se présente comme le « Journal des morsures publiques ») lance des colles sur les artères montréalaises : « En combien d'années pourrait-on réparer les rues de Montréal, sachant que pour paver celle appelée Great St. James, l'on travaille depuis le printemps et qu'on espère avoir terminé avant l'hiver? » ou « Pourquoi les rues de Montréal sont-elles, parfois éclairées au gaz durant le jour, et ne le sont presque jamais la nuit? »... (Réponse à la devinette : les rues sont encore en réparation cent cinquante-cinq ans plus tard!) En octobre 1860, le Journal de l'Instruction publique décrit plutôt les nouvelles qu'on se criait dans la rue : « d'abord, notre Gracieuse Souveraine et le Prince son époux, lord John Russell et l'aînée des princesses royales, et toute une suite que l'on peut imaginer, viennent de parcourir l'Allemagne, où, tous ensemble, ils ont été sur le point d'être broyés sur un chemin de fer, dans une collision qui parut un moment inévitable, et cela sans préjudice à une chûte de voiture dans laquelle quelques jours auparavant, le Prince Albert avait failli éprouver le sort funeste du dernier Duc d'Orléans. Le soir de l'embarquement du Prince de Galles à Portland [Maine], on criait dans les rues de Montréal la première de ces nouvelles, et il n'est personne qui n'ait frémi en songeant que, sans la présence d'esprit d'un ingénieur, le récit d'une aussi terrible catastrophe aurait attendu le jeune Prince au retour de sa tournée triomphale! »

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2009-03-03

 

Le Montréal de la Crise

Les photos de la Dépression des années trente sont souvent célèbres, reproduites à l'infini et infiniment troublantes parce qu'elles mettent en scène la détresse et l'indigence. Ainsi, la photo ci-contre (LC-G623- 19736-A), prise le 10 mars 1933 par Samuel Herman Gottscho (1875-1971), nous montre une vieille femme qui tente de vendre quelques-unes de ses maigres possessions sur la rue Houston à New York, ce bout de rue étant devenu un marché aux puces en plein air. Qu'est-ce qui a incité le photographe à s'arrêter pour la prendre en photo? A-t-il été frappé par le landau qui semble lui appartenir et qui témoigne d'une époque plus prospère, à en juger par l'ornementation des flancs? Le manteau aussi ressemble à un vestige d'une splendeur évanouie, avec son col en fourrure (si ce n'est pas l'ensemble du manteau qui est fait de fourrure). Par contre, les objets étalés devant elle sont quelconques, dans la mesure où on peut les identifier : deux pots, un vase, peut-être une casserole renversée, une paire de ce qui pourrait être des claques d'hiver... Un peu plus loin, un autre vendeur aux abois offrait le même jour un assortiment nettement plus intéressant. Dans cette photo (LC-G623- 19737-H) également prise par Samuel Gottscho, on voit cette fois un homme d'un certain âge, mis avec un certain soin (chapeau, manteau de bonne coupe, un porte-documents à ses pieds) qui attend le chaland, une cigarette à la main. Ce qu'il offre aux passants, ce sont (je crois) deux ou trois horloges et réveils, ainsi que des bibelots divers, dont un flacon de terre cuite, une carafe et une fort belle coupe ouvragée. Derrière loin s'étend un terrain vague jonché de gravats, jusqu'à la façade d'un édifice (commercial?) devant laquelle des hommes sont rassemblés, assis ou debout. Et on se dit tout d'un coup que l'homme qui a encore quelque chose à vendre dans le cadre de cette brocante improvisée n'est peut-être pas le plus à plaindre... En mars 1933, Franklin Delano Roosevelt venait de devenir président et le pays était au bord de la faillite. Le taux de chômage avoisinait les 25% et la production industrielle avait chuté de plus de moitié. Pour l'instant, nous en sommes loin, tout comme nous sommes encore loin des sans-emploi se pressant dans ce réfectoire d'une soupe populaire à Montréal en 1931, dans la photo (Bibliothèque et Archives Canada / PA-168131) ci-dessous.Mais Montréal en 2009 sent déjà les effets de la crise économique. Pour l'instant, on parle de commerces qui ferment boutique, comme ce restaurant devant lequel je suis passé une nuit, il n'y a pas si longtemps. En plein centre-ville, tout près de Sherbrooke et du Ritz-Carlton, ce restaurant du Golden Mile avait fermé ses portes. Et les portes fermées arborent maintenant les stigmates d'un édifice abandonné : quand elles ne sont pas ornées de graffiti, elles abritent maintenant des empilages précaires de rebuts. Dans la photo ci-contre, on voit qu'un vandale a démoli au passage la lanterne qui flanquait autrefois l'entrée du Gulliver Steak House, avant que les clients ne désertent ses tables ou que le crédit devenu trop rare force les propriétaires à arrêter les frais s'ils avaient trop emprunté... Désormais, il faut sans doute s'attendre à voir de plus en plus d'établissements qui ferment. À première vue, cela peut sembler surprenant que les premiers touchés soient des restaurants fréquentés par les riches, mais il s'agit aussi de restaurants qui représentent des dépenses superflues.De sorte que lorsqu'il faut se serrer la ceinture, on va commencer par réduire les sorties aux restaurants les plus coûteux, en substituant une sortie au Macdo à la soirée au Gulliver. Ou encore, on remplacera le repas d'affaires en milieu de journée par une sortie au bar de 5 à 7. En particulier, si la comptabilité se met à refuser les notes de frais et à obliger les cadres à payer de leur poche pour un repas... Ce qui est peut-être révélateur si on regarde de plus près pour inventorier la nature des déchets échafaudés dans l'ancienne entrée du restaurant, c'est qu'on distingue des caisses de boissons gazeuses, et non des caisses de Beaujolais. Un signe d'un changement des habitudes de consommation? Quoique, en regardant d'encore plus près, on remarquera non seulement des boîtes de tomates et d'huiles de canola, ainsi qu'une boîte d'un fabricant de pâtes, mais aussi une caisse de vin blanc italien Fontana Morella de la Cantina Cerveteri — sauf qu'il ne s'agit pas d'un grand cru, car il se vend 7.15$ la bouteille en Ontario. Évidemment, rien ne prouve que ces rebuts sont des restes du Gulliver; n'importe quel restaurant (italien?) des environs pourrait se débarrasser de ses déchets en les abandonnant à la porte du restaurant condamné. Des rebuts de New York en 1933 à ceux de Montréal en 2009, on a décidément envie de déchiffrer sinon le futur du moins le passé dans la lie de nos quotidiens...

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2008-12-25

 

Joyeux Noël !

Ce n'est qu'une fête païenne, ce qui revient tout simplement à dire que ce n'est qu'une fête religieuse... mais que cela ne nous empêche pas de nous retrouver en famille et de célébrer la victoire de la vie et de la lumière sur l'entropie et les ténèbres.Bref, Joyeuse Néguentropie!

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2008-12-24

 

Lumières de Noël

Voici une photo prise dans ma rue avant-hier soir... J'étais frappé par le jeu des lumières, les sapins bleus se détachant de la blancheur du décor et de la façade enténébrée, par le froid mordant aussi et la neige couinant sous les semelles.Mais l'image n'arrive sans doute pas à véhiculer, sauf dans mon esprit, tout ce qui faisait la beauté du moment.

Les images photographiques ne font pas toujours mieux que la madeleine de Proust.

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2008-10-31

 

Halloween avant l'heure

Déjà le 31... Le mois s'est envolé et je commence à sentir la pression de mes multiples échéances. Trois boulots en même temps, cela devient absorbant... Je ne fêterai pas Halloween, mais j'avais eu droit à un avant-goût à Con*Cept, qui avait lieu les 17, 18 et 19 de ce mois et dont j'ai à peine parlé. Un soir du congrès, sur le chemin de la Reine-Marie, j'ai croisé ce raton-laveur qui s'est réfugié dans un arbre devant le Collège Notre-Dame pour échapper à ma curiosité. Le flash de mon appareil a fait de cette pauvre bête une créature que l'on croirait sortie d'un film d'horreur à rabais. Non? À Con*Cept, Yves était l'invité d'honneur francophone et je lui ai rendu la politesse de l'an dernier en le mettant sur la sellette pour une entrevue qui tenait de l'entretien à bâtons rompus. Comme dans tout Con*Cept qui se respecte, il y avait un concours de costumes et Matante Valérie (à droite) s'était déguisée en dame du Moyen Âge (une suggestion : se déguiser en dame blanche un de ces jours, surtout qu'avec une chevelure rousse, cela ferait un peu goule fantomatique) tandis que JC avait ressorti des boules à mythes son ensemble veste-pantalons taillé dans des rideaux Star Wars, si je me souviens bien. Bref, à Con*Cept, j'avais déjà eu un avant-goût d'Halloween.

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2008-10-17

 

Détails photographiques d'Albany

Il me restait quelques photos de mon voyage à Albany la fin de semaine dernière. Elles révèlent la richesse de l'architecture plus classique de la capitale. Ainsi, dans la photo ci-dessus, l'ombre du South Mall Arterial encadre les tours de l'ancienne gare de la compagnie Delaware & Hudson, édifice finalement récupéré par l'université d'État... Samedi dernier, après un grand tour qui m'a fait découvir et remonter la rue Lark, qui jouit d'une agréable concentration de bars, de restaurants et de commerces pittoresques, j'ai abouti sur l'avenue Washington, où on retrouve le département de l'Éducation de l'État de New York. Celui-ci est logé dans un édifice si classique de facture qu'il rappelle un temple gréco-romain. Au pied des colonnes, les marches de cet édifice offrent un beau point de vue sur le Capitole, que l'on voit ici en arrière-plan et dont le style néo-classique est exécuté dans la manière des manoirs français de la Renaissance. J'allais ajouter : et des ailes et pavillons du Louvre, mais le Louvre était lui aussi une résidence aristocratique à l'origine, semblable aux manoirs de la Loire mais réalisé avec plus de moyens! Dominant la volée de marches, une lanterne est portée par un beau travail de statuaire, apparemment dédié aux artistes et savants de ce monde. Un violoniste y est assis tout à droite, tandis qu'au centre, deux personnages se penchent sur un globe terrestre. À gauche, un peintre ou un dessinateur s'apprête à remplir une toile... En levant les yeux, j'ai découvert le travail d'ornementation du fronton, au sommet de la colonnade. Ce qui m'a plus le plus intrigué, toutefois, c'est un autre détail architectural à quelques pas de là, une inscription gravée dans la pierre d'une façade appartenant à un vieil édifice commercial sur l'avenue Washington. Une inscription composée de deux noms familiers que j'ai aussitôt pris en photo... Les deux noms juxtaposés avaient de quoi étonner un gars d'Ottawa, mais ils n'ont sans doute rien à voir avec la région d'Ottawa, car il existe bel et bien une ville et un comté d'Orleans ainsi qu'une ville et un comté de Rockland dans l'État de New York. C'est donc une simple coïncidence s'ils paraissent renvoyer à deux banlieues à l'est d'Ottawa...

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2008-08-28

 

Quelques visages de Québec

Si je recommande sans hésiter les photos inédites de Paris prises par l'Esprit Vagabond, j'ose quand même offrir quelques photos de Québec en fin de semaine. Dans les rues, les rappels du quatre centième anniversaire de la ville ne manquaient pas. Des enseignes faites d'ampoules énonçaient le chiffre qui dit tout, sur la Grande Allée et ailleurs. Çà et là, c'étaient aussi les façades qui proclamaient l'événement, comme dans le cas de cette tour visible du quartier Saint-Roch. (À force de venir à Québec, je vais finir par connaître un peu, quand même!) Ce qu'on ne distingue pas dans la photo, ce sont les changements de couleur de l'affichage. Cela dit, je me demande si c'était une bonne idée d'attirer l'attention du passant ou du voyageur sur une tour de béton qui entame l'horizon comme une dent grise, et qui s'entoure d'un assemblage aussi hétéroclite que représentatif des architectures de la capitale loin de la vieille ville (plus ou moins) amoureusement conservée. Y a-t-il une unité à trouver dans cette juxtaposition d'une tour à bureaux au style brutaliste, un immeuble aux appartements avec balcons, une maison ouvrière en briques, un maison au pignon plus chic de la même époque et un garage du vingt-et-unième siècle décoré de quelques pelures de métal (au premier plan, à gauche) ?

Eh oui, contrairement à ce qu'on croit parfois, Québec est aussi une ville laide — et elle fait des efforts pour le rester! Malgré les tentatives des artistes urbains de sauver ses paysages les plus tristes... En avril 2007, j'avais pris en photo les deux côtés de l'unique vestige de l'église Saint-Vincent-de-Paul, saccagée par un promoteur immobilier qui l'a démolie sans permission. La façade a été sauvée de justesse et la seule punition du promoteur sera d'avoir à incorporer la façade dans le futur édifice... Depuis avril 2007, quelqu'un a fait du revers de la façade une ruine habitée. (J'ai déjà fait remarquer qu'un graffiti à base d'yeux, voire de visage, peut faire merveille dans le cadre le moins accueillant pour humaniser un décor urbain.) Ces deux visages bleus encastrés tout en haut de l'ancienne façade ont quelque chose de troublant. Une recherche rapide avec Google ne m'a pas permis de retrouver la trace de l'artiste responsable, ce qui est dommage, en un sens. Même si les responsables se sont aventurés sur une propriété privée (celle d'un promoteur plus que véreux!), ils ont été au moins aussi créatifs que les étudiants en génie de Vancouver... Petit zoom sur les deux visages pour mieux juger...En un sens, c'est une création collective puisque le cadrage est tout à la fois l'œuvre de l'architecte et des bâtisseurs d'origine, et celle du promoteur et de ses démolisseurs. Les visages ajoutés ensuite profitent beaucoup de ce cadrage improvisé puisque les deux cavités sombres et les trois embrasures sous l'arche centrale évoquent aussi un visage. Les visages complètent géométriquement la succession et soulignent la ressemblance du motif architectural. En même temps, ces deux visages prennent un air accusateur quand ils sont vus du quartier Saint-Roch en contrebas, comme dans cette photo qui parle d'elle-même, je crois (quoique la perspective rapproche indûment l'église et l'autoroute).Heureusement, il n'y a pas que des désastres d'urbanisme à Québec. Le Château Frontenac a été photographié sous tous les angles depuis le temps, mais j'ai ajouté à ma propre collection quelques clichés nocturnes, dont celui-ci.

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2008-08-21

 

Une culture, un pays?

On ne pourra pas accuser Stephen Harper de chercher à acheter les votes qui lui manquent dans les métropoles du pays. En coupant des programmes culturels qui coûtaient en tout et pour tout l'équivalent de quelques jours de présence en Afghanistant de l'armée canadienne, il a sans doute maximisé le nombre de votes perdus par dollar coupé, établissant un nouveau record dans le genre...

Mais il n'y a pas que les Conservateurs pour saboter les entreprises culturelles. En revenant d'un bon repas dans le vieux Montréal, j'ai remonté la rue Saint-Denis et découvert un plateau de tournage. Au pied d'une façade en partie voilée par de la fumée, plusieurs véhicules étaient attroupés sous les feux des projecteurs : camion de pompiers, voitures de police, ambulance... Mais je n'ai pas souvent vu à Montréal d'ambulance comme celle que l'on voit dans le cliché ci-contre! D'ailleurs, en poursuivant mon chemin, j'ai pris une dernière photo en me retournant. Cette fois, on voit l'avant de l'ambulance et la plaque d'immatriculation n'est certainement pas québécoise puisqu'elle n'est pas obligatoire ici à l'avant des véhicules, ce qui suggère qu'il ne s'agit pas d'une production locale... Cette photo montre aussi, à gauche, la caméra montée sur rails pour filmer la scène. Mais je n'ai pas aperçu d'acteurs, et encore moins de vedettes... Selon les enseignes, le film s'intitulerait « XMas », mais on sait bien que des faux noms figurent souvent sur ces panneaux.À Montréal, l'industrie des tournages s'inquiète d'ailleurs du petit nombre de grandes productions hollywoodiennes qui viennent en ville. De nombreux facteurs entrent en ligne de compte, dont les menaces de grève des acteurs hollywoodiens et la hausse du dollar canadien. Mais en attendant que Harper trouve quelque chose à couper dans ce secteur, on peut aussi blâmer l'affrontement de deux syndicats de techniciens de cinéma, sur le dos de l'industrie. Heureusement qu'il restera toujours les beaux décors de Montréal, comme dans la photo ci-dessous du vieux Montréal, pour attirer au moins quelques réalisateurs...

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