2009-11-09
Futurs transports montréalais
La sortie du Programme triennal d'immobilisations de l'Agence métropolitaine de transport de la région de Montréal permet d'envisager une refonte rationnelle des réseaux de transports sur l'île de Montréal. Actuellement, par exemple, le train de banlieue qui part de Saint-Jérôme doit faire un grand détour par l'ouest avant d'arriver au centre-ville de Montréal (comme on le voit sur cette carte). Or, il croise la ligne qui part de la station Deux-Montagnes et s'enfonce sous le mont Royal pour arriver directement au centre-ville. Un des projets à l'étude, c'est donc de permettre aux rames de la ligne de Saint-Jérôme d'emprunter la ligne qui passe sous la montagne.
Comme il est également question de faire passer par le tunnel la future ligne en provenance de Mascouche et Terrebonne, on aurait donc à terme trois lignes de trains de banlieue qui emprunteraient ce tunnel vieux de près de 90 ans. Pour les amateurs de rétro-futurisme, notons que ce serait l'occasion de profiter d'un autre choix technique visionnaire.
Cela fait longtemps que j'avais remarqué sur la carte du réseau du métro de Montréal que le tunnel du CN passe sous la station Édouard-Montpetit. De fait, ce n'est pas un hasard. Au début des années soixante-dix, les concepteurs du métro avaient envisagé la création d'une troisième ligne de métro qui serait partie du centre-ville, aurait emprunté le tunnel et aurait desservi le nord de l'île. L'implantation de la station Édouard-Montpetit (d'abord appelée Vincent-d'Indy) a été planifiée pour assurer une interconnexion potentielle entre la ligne bleue et cette ligne hypothétique. On avait prévu des ascenseurs à haute vitesse pour relier la station de métro à une station 50 mètres plus bas, mais le coût a entraîné le report du projet aux calendes grecques.
Maintenant que le tunnel hébergera non pas un métro mais trois trains de banlieue, il semble qu'on se préparerait à rouvrir les cartons pour faire de la station Édouard-Montpetit la sixième station intermodale du réseau du métro.
Sûrement que les étudiants et profs de l'Université de Montréal ne s'en plaindront pas... Et c'est tout le versant nord du mont Royal qui en profiterait.
Comme il est également question de faire passer par le tunnel la future ligne en provenance de Mascouche et Terrebonne, on aurait donc à terme trois lignes de trains de banlieue qui emprunteraient ce tunnel vieux de près de 90 ans. Pour les amateurs de rétro-futurisme, notons que ce serait l'occasion de profiter d'un autre choix technique visionnaire.
Cela fait longtemps que j'avais remarqué sur la carte du réseau du métro de Montréal que le tunnel du CN passe sous la station Édouard-Montpetit. De fait, ce n'est pas un hasard. Au début des années soixante-dix, les concepteurs du métro avaient envisagé la création d'une troisième ligne de métro qui serait partie du centre-ville, aurait emprunté le tunnel et aurait desservi le nord de l'île. L'implantation de la station Édouard-Montpetit (d'abord appelée Vincent-d'Indy) a été planifiée pour assurer une interconnexion potentielle entre la ligne bleue et cette ligne hypothétique. On avait prévu des ascenseurs à haute vitesse pour relier la station de métro à une station 50 mètres plus bas, mais le coût a entraîné le report du projet aux calendes grecques.
Maintenant que le tunnel hébergera non pas un métro mais trois trains de banlieue, il semble qu'on se préparerait à rouvrir les cartons pour faire de la station Édouard-Montpetit la sixième station intermodale du réseau du métro.
Sûrement que les étudiants et profs de l'Université de Montréal ne s'en plaindront pas... Et c'est tout le versant nord du mont Royal qui en profiterait.
Libellés : Futurisme, Montréal, Technologie
2009-11-08
Le fantôme de Lénine
Finalement vu Good Bye, Lenin!, grand succès cinématographique de l'année 2003 et film de l'heure vingt ans après la chute du Mur de Berlin... Même si le film a souvent été présenté comme une comédie, ses éléments drolatiques n'allègent pas entièrement ce qui est vécu comme un drame par les personnages, soit pour des raisons personnelles soit pour des raisons professionnelles. Au cœur de la narration, il y a cette famille écartelée entre l'Est et l'Ouest, que le fils, Alex, va tenter de sauvegarder en luttant pour préserver sa mère malade, tombée dans le coma avant la chute de l'Allemagne de l'Est, du choc que provoquerait la révélation de la vérité après son réveil. Mais les efforts d'Alex pour reconstituer au moins une pièce d'un appartement où l'Allemagne de l'Est existe encore sont aussi touchants que comiques.
Même si le cinéaste a nié toute dimension allégorique, il est difficile de ne pas voir dans cette famille un symbole de la collectivité allemande : le père est passé à l'ouest, un geste d'autorité mâle et radical, qui fait de l'Allemagne de l'Ouest littéralement le Vaterland; la mère Christiane a choisi de rester à l'est et de s'investir à fond dans un système non seulement tyrannique mais plus qu'un brin maternant, au point d'être récompensée par ce régime communiste qui entend retenir ses enfants au nid... Mais les enfants qui se croyaient abandonnés par leur père vont se rendre compte que leur mère n'était pas parfaite non plus.
C'est moins un exercice de nostalgie que le récit d'une déception qu'Alex tente de mitiger en inventant petit à petit une uchronie où c'est l'Allemagne de l'Est qui absorbera l'Allemagne de l'Ouest tout en se démocratisant. Sa mère, en fin de compte, n'est pas dupe, mais elle se laisse aussi bercer par ce rêve. Le film donne un aperçu de la vie en RDA : police secrète et surveillance omniprésente, organisation de la jeunesse, contrôle institutionnel des dissidents mais aussi des plus fervents idéalistes (comme Christiane elle-même), pauvreté de la culture matérielle, orientation scientifique, réclamations citoyennes... En 2003, dans le contexte d'un Occident en guerre et d'une Europe presque unifiée, se souvenir de la RDA avec un certain attendrissement n'engageait à rien. Aujourd'hui, dans un contexte de crise économique et de raidissement des droites idéologiques, la nostalgie du communisme retrouve une certaine portée et pourrait rouvrir quelques débats qu'on a voulu croire clos à jamais. Mais si c'est le cas, je veux bien parier que ce ne sont pas les héritiers actuels du communisme en Europe qui offriront le contre-discours le plus convaincant...
Même si le cinéaste a nié toute dimension allégorique, il est difficile de ne pas voir dans cette famille un symbole de la collectivité allemande : le père est passé à l'ouest, un geste d'autorité mâle et radical, qui fait de l'Allemagne de l'Ouest littéralement le Vaterland; la mère Christiane a choisi de rester à l'est et de s'investir à fond dans un système non seulement tyrannique mais plus qu'un brin maternant, au point d'être récompensée par ce régime communiste qui entend retenir ses enfants au nid... Mais les enfants qui se croyaient abandonnés par leur père vont se rendre compte que leur mère n'était pas parfaite non plus.
C'est moins un exercice de nostalgie que le récit d'une déception qu'Alex tente de mitiger en inventant petit à petit une uchronie où c'est l'Allemagne de l'Est qui absorbera l'Allemagne de l'Ouest tout en se démocratisant. Sa mère, en fin de compte, n'est pas dupe, mais elle se laisse aussi bercer par ce rêve. Le film donne un aperçu de la vie en RDA : police secrète et surveillance omniprésente, organisation de la jeunesse, contrôle institutionnel des dissidents mais aussi des plus fervents idéalistes (comme Christiane elle-même), pauvreté de la culture matérielle, orientation scientifique, réclamations citoyennes... En 2003, dans le contexte d'un Occident en guerre et d'une Europe presque unifiée, se souvenir de la RDA avec un certain attendrissement n'engageait à rien. Aujourd'hui, dans un contexte de crise économique et de raidissement des droites idéologiques, la nostalgie du communisme retrouve une certaine portée et pourrait rouvrir quelques débats qu'on a voulu croire clos à jamais. Mais si c'est le cas, je veux bien parier que ce ne sont pas les héritiers actuels du communisme en Europe qui offriront le contre-discours le plus convaincant...
Libellés : Allemagne, Films, Histoire
2009-11-01
Remplacements
L'appréciation du film Surrogates (Clones en français) dépend beaucoup des attentes initiales. Je m'attendais au pire : un film quasi incohérent, grevé d'idioties tant au niveau de la création de monde que du scénario... En définitive, si on juge le film pour ce qu'il est et non pour ce qu'il aimerait qu'il soit, il se laisse regarder.
En deux mots, dans une demi-douzaine d'années, une proportion importante de la population du monde (98% selon un reportage en exergue, un milliard de personnes selon un autre passage du film) vit désormais par procuration en s'incarnant par télé-présence dans des corps de remplacement robotisés, forcément beaux et jeunes. La plupart de ces personnes ne quittent plus guère leurs domiciles. Une tentative d'assassinat de l'inventeur de ces pseudo-corps va entraîner la mort de son fils et pousser l'inventeur à tenter de détruire toute la population branchée de la planète pour faire place nette. Un enquêteur du FBI (joué par Bruce Willis) tente de comprendre ce qui se passe et finit par avoir le sort de tous les corps de remplacements entre les mains. Comme il pleure d'une part la mort d'un fils tué par un accident meurtrier dans le monde extérieur et qu'il regrette d'autre part de ne plus voir sa femme, qui ne sort de sa chambre que sous forme robotisée, il pourrait incliner dans un sens ou dans l'autre...
Cet univers futuriste n'a pas grand-chose de futuriste, hormis les corps robotisés. Manque d'imagination de la part des auteurs ou façon pour eux de forcer le trait pour souligner la parabole?
Certes, la leçon est assénée avec toute la subtilité d'un marteau-pilon hydraulique, mais elle a des antécédents vénérables (que l'on songe à « The Machine Stops » d'E. M. Forster, il y a exactement... cent ans!) et je ne trouve rien de rédhibitoire à une remise au goût du jour. Surtout s'il est bien compris qu'il s'agit d'une fable. (Dans La possibilité d'une île, la possibilité d'une redite n'a pas fait reculer Michel Houellebecq, en tout cas.) L'application au monde présent est d'ailleurs suffisamment évidente pour que j'aie entendu un autre spectateur dans la salle conclure à la fin du film que c'était une condamnation de la vie par procuration des internautes.
Et sur le chemin du retour, dans les rues de Montréal par un soir d'Halloween, j'ai noté une absence. La nuit était tombée, mais il n'était pas tard. Pourtant, pas un seul petit monstre ou revenant dans les rues. Or, je traversais des quartiers résidentiels, qui auraient été sillonnés autrefois par des petits groupes d'enfants déguisés pour réclamer des bonbons. Étaient-ils restés à la maison pour regarder des films de peur? Ou leurs parents les avaient-ils tous conduits dans des fêtes de groupe?
Ne vivons-nous pas déjà l'époque de la substitution d'une réalité à une autre? Au lieu de vivre dans le monde de la chair incarnée, on préfère de plus en plus les intermédiaires virtuels (comme ce blogue!), les avatars (comme dans Second Life), les expériences partagées à demi virtuelles (visionnements de films ou de séries télévisées — sur DVD de plus en plus souvent, ce qui distancie aussi) et les rassemblements collectifs (au moins depuis Woodstock) qui sont d'autant plus légitimes que tout le monde dit qu'il faut en être...
Le film opte en fin de compte pour la franchise brutale d'une expérience directe de la réalité. On comprend pourquoi le personnage de Bruce Willis fait ce choix, mais on comprend moins pourquoi on devrait être d'accord. On passe d'un extrême à l'autre et des questions sont éludées par ce dénouement. Quid des personnes handicapées à qui ces corps de remplacement étaient originellement destinés? Et n'y aurait-il pas des avantages réels à disposer de corps de remplacement pour les boulots dangereux (comme celui de soldat ou de policier) ou tout simplement pénibles (travail à la chaîne, etc.)?
Bref, si le film est plutôt conventionnel, il se distingue des simples exercices obligés (comme 9) en offrant une vraie chair sous la surface plus ou moins stéréotypée — ce qui est tout l'inverse des remplaçants mécaniques du film, dont la chair cachait les mécanismes. Comme quoi Surrogates est en soi un argument en faveur de sa propre thèse...
En deux mots, dans une demi-douzaine d'années, une proportion importante de la population du monde (98% selon un reportage en exergue, un milliard de personnes selon un autre passage du film) vit désormais par procuration en s'incarnant par télé-présence dans des corps de remplacement robotisés, forcément beaux et jeunes. La plupart de ces personnes ne quittent plus guère leurs domiciles. Une tentative d'assassinat de l'inventeur de ces pseudo-corps va entraîner la mort de son fils et pousser l'inventeur à tenter de détruire toute la population branchée de la planète pour faire place nette. Un enquêteur du FBI (joué par Bruce Willis) tente de comprendre ce qui se passe et finit par avoir le sort de tous les corps de remplacements entre les mains. Comme il pleure d'une part la mort d'un fils tué par un accident meurtrier dans le monde extérieur et qu'il regrette d'autre part de ne plus voir sa femme, qui ne sort de sa chambre que sous forme robotisée, il pourrait incliner dans un sens ou dans l'autre...
Cet univers futuriste n'a pas grand-chose de futuriste, hormis les corps robotisés. Manque d'imagination de la part des auteurs ou façon pour eux de forcer le trait pour souligner la parabole?
Certes, la leçon est assénée avec toute la subtilité d'un marteau-pilon hydraulique, mais elle a des antécédents vénérables (que l'on songe à « The Machine Stops » d'E. M. Forster, il y a exactement... cent ans!) et je ne trouve rien de rédhibitoire à une remise au goût du jour. Surtout s'il est bien compris qu'il s'agit d'une fable. (Dans La possibilité d'une île, la possibilité d'une redite n'a pas fait reculer Michel Houellebecq, en tout cas.) L'application au monde présent est d'ailleurs suffisamment évidente pour que j'aie entendu un autre spectateur dans la salle conclure à la fin du film que c'était une condamnation de la vie par procuration des internautes.
Et sur le chemin du retour, dans les rues de Montréal par un soir d'Halloween, j'ai noté une absence. La nuit était tombée, mais il n'était pas tard. Pourtant, pas un seul petit monstre ou revenant dans les rues. Or, je traversais des quartiers résidentiels, qui auraient été sillonnés autrefois par des petits groupes d'enfants déguisés pour réclamer des bonbons. Étaient-ils restés à la maison pour regarder des films de peur? Ou leurs parents les avaient-ils tous conduits dans des fêtes de groupe?
Ne vivons-nous pas déjà l'époque de la substitution d'une réalité à une autre? Au lieu de vivre dans le monde de la chair incarnée, on préfère de plus en plus les intermédiaires virtuels (comme ce blogue!), les avatars (comme dans Second Life), les expériences partagées à demi virtuelles (visionnements de films ou de séries télévisées — sur DVD de plus en plus souvent, ce qui distancie aussi) et les rassemblements collectifs (au moins depuis Woodstock) qui sont d'autant plus légitimes que tout le monde dit qu'il faut en être...
Le film opte en fin de compte pour la franchise brutale d'une expérience directe de la réalité. On comprend pourquoi le personnage de Bruce Willis fait ce choix, mais on comprend moins pourquoi on devrait être d'accord. On passe d'un extrême à l'autre et des questions sont éludées par ce dénouement. Quid des personnes handicapées à qui ces corps de remplacement étaient originellement destinés? Et n'y aurait-il pas des avantages réels à disposer de corps de remplacement pour les boulots dangereux (comme celui de soldat ou de policier) ou tout simplement pénibles (travail à la chaîne, etc.)?
Bref, si le film est plutôt conventionnel, il se distingue des simples exercices obligés (comme 9) en offrant une vraie chair sous la surface plus ou moins stéréotypée — ce qui est tout l'inverse des remplaçants mécaniques du film, dont la chair cachait les mécanismes. Comme quoi Surrogates est en soi un argument en faveur de sa propre thèse...
Libellés : Films, Science-fiction
2009-10-31
Le vrai visage de Laurent McAllister
Qui est Laurent McAllister?
Évidemment, tout le monde sait qu'il s'agit d'un auteur virtuel, né de la collaboration d'Yves Meynard et du signataire de ces lignes. Auteur virtuel mais (relativement) prolifique, puisqu'il a signé un roman, un recueil et trois romans pour jeunes... Comme les lecteurs des Leçons de la cruauté le savent, le nom trouve son origine dans une nouvelle sans titre d'Yves Meynard. Quand nous l'avons choisi, je crois qu'il nous semblait suffisamment improbable pour que nous en ayons plus ou moins l'exclusivité.
Mais il y aurait aussi un Laurent McAllister plus âgé, qui a complété sa scolarité à l'école secondaire Mary G. Montgomery à Semmes, Alabama, en 1979.
Et une fan suédoise aurait également imaginé un personnage appelé Laurent McAllister, dont elle a dessiné le portrait...
Y en a-t-il d'autres?
Évidemment, tout le monde sait qu'il s'agit d'un auteur virtuel, né de la collaboration d'Yves Meynard et du signataire de ces lignes. Auteur virtuel mais (relativement) prolifique, puisqu'il a signé un roman, un recueil et trois romans pour jeunes... Comme les lecteurs des Leçons de la cruauté le savent, le nom trouve son origine dans une nouvelle sans titre d'Yves Meynard. Quand nous l'avons choisi, je crois qu'il nous semblait suffisamment improbable pour que nous en ayons plus ou moins l'exclusivité.
Mais il y aurait aussi un Laurent McAllister plus âgé, qui a complété sa scolarité à l'école secondaire Mary G. Montgomery à Semmes, Alabama, en 1979.
Et une fan suédoise aurait également imaginé un personnage appelé Laurent McAllister, dont elle a dessiné le portrait...
Y en a-t-il d'autres?
Libellés : Livres
2009-10-30
Horreur, un lancement à Ottawa !
L'anthologie Tesseracts Thirteen: Chilling Tales from the Great White North réunie par Nancy Kilpatrick et David Morrell sera lancée ce soir à Ottawa, à 19h30, à la librairie Collected Works, au 1242 Wellington Ouest.
Il fera noir, il va pleuvoir, ce sera parfait... pour se faire peur tous ensemble la veille de la veille du Jour des Morts.
J'avais déjà évoqué la parution de ma nouvelle « The Night before the Storm » dans ce treizième volume d'une série d'anthologies qui a regroupé au fil des ans les meilleures plumes dans les genres de l'imaginaire au Canada. Dans ce volume, place à l'horreur! Et je ne crois pas avoir démérité. Pour l'instant, ma nouvelle a eu droit à une mention et une brève description dans la critique que Publishers Weekly consacre à l'anthologie. Compte tenu des nombreux auteurs passés sous silence, le simple fait d'être mentionné (dans la foulée de l'éloge d'une nouvelle par Jill Snider Lum comme étant la meilleure de l'anthologie) est fort honorable. Quelque peu ragaillardi, j'en lirai donc un extrait ce soir...
(Nature morte d'Halloween, photographiée en 1935 à Ottawa par Harold F. Kells, né en 1904 — Bibliothèque et Archives Canada, PA-126536)
Il fera noir, il va pleuvoir, ce sera parfait... pour se faire peur tous ensemble la veille de la veille du Jour des Morts.
J'avais déjà évoqué la parution de ma nouvelle « The Night before the Storm » dans ce treizième volume d'une série d'anthologies qui a regroupé au fil des ans les meilleures plumes dans les genres de l'imaginaire au Canada. Dans ce volume, place à l'horreur! Et je ne crois pas avoir démérité. Pour l'instant, ma nouvelle a eu droit à une mention et une brève description dans la critique que Publishers Weekly consacre à l'anthologie. Compte tenu des nombreux auteurs passés sous silence, le simple fait d'être mentionné (dans la foulée de l'éloge d'une nouvelle par Jill Snider Lum comme étant la meilleure de l'anthologie) est fort honorable. Quelque peu ragaillardi, j'en lirai donc un extrait ce soir...
(Nature morte d'Halloween, photographiée en 1935 à Ottawa par Harold F. Kells, né en 1904 — Bibliothèque et Archives Canada, PA-126536)2009-10-27
Les futurs de l'immobilier
Tous les futurs m'intéressent et les perspectives de l'immobilier révèlent aussi des tendances annonciatrices de l'avenir.
Par exemple, les indices Case-Schiller permettent de suivre l'évolution du prix de vente des maisons dans plusieurs villes aux États-Unis. Si j'ai bien compris, il n'est pas interdit d'exploiter les données disponibles et j'ai donc construit la figure suivante, dont on aura déjà vu de nombreuses versions depuis l'éclatement de la bulle immobilière.
Il s'agit uniquement des données pour les maisons unifamiliales. Le paradoxe de l'éclatement de la bulle immobilière, c'est qu'en dépit de la baisse très visible dans ce diagramme, les personnes qui auraient acheté en 2000 ou en 2001 bénéficieraient encore aujourd'hui d'une plus-value correspondant à une augmentation annuelle de 5% environ. Par contre, celles qui auraient acheté au sommet du marché en 2006 auraient vu la valeur de leur acquisition dégringoler d'environ 30%.
Dans le cas des condos, les données sont moins abondantes. Dans la figure ci-dessous, les courbes permettent de suivre l'évolution du prix des condos à Boston et New York.
Le plus intéressant, c'est le comportement distinct des condos relativement aux maisons unifamiliales dans ces deux villes. L'augmentation depuis 2000 est du même ordre (60,9% à Boston et 95,1% à New York), mais la baisse consécutive au maximum a été nettement moins prononcée dans le cas des condos (approximativement 15% à Boston comme à New York). Qu'est-ce qui explique cette différence? Il est tentant de l'interpréter a priori en fonction de deux phénomènes : le vieillissement du baby boom, qui entraînerait une demande soutenue de co-propriétés, et les fluctuations du prix de l'essence qui pénaliseraient des maisons souvent situées plus à l'écart des centres urbains que les condos (ce qui nous ramène à la problématique du pic pétrolier).
Au Canada, les données sont plus difficiles à obtenir de l'organisme qui les compile. Tout le Québec est représenté par le marché montréalais, qui est essentiellement à la hausse depuis l'an 2000 (+107,4%). La question, c'est de savoir si le marché canadien peut éviter d'être entraîné dans la descente aux enfers des États-Unis. La résistance du marché canadien peut se juger en fonction de la tendance de fond du rapport du prix moyen des maisons au revenu moyen ou à la valeur moyenne des loyers. Le rapport prix/revenu mesure l'accessibilité de l'achat d'une maison par rapport à l'introuvable salarié moyen. Le rapport prix/loyer mesure en quelque sorte l'intérêt d'acheter plutôt que de louer. (Mais ces deux rapports négligent de nombreux facteurs, dont le coût d'une hypothèque, par exemple; or, comme les taux d'intérêt sont restés historiquement bas depuis 2001 environ, le vrai prix d'une maison a pu évoluer à la hausse sans que son coût effectif pour l'acheteur augmente autant...)
Ces données sont disponibles dans le tout dernier rapport de l'OCDE. L'évolution du rapport du prix moyen d'une maison à la valeur moyenne d'un loyer est illustrée dans le diagramme suivant pour quelques pays occidentaux...
Et l'évolution du rapport du prix moyen d'une maison au revenu moyen est illustrée dans cette figure fort ressemblante.
Ce qu'il convient de noter, c'est qu'il s'agit d'index normalisés relativement à la tendance sur le long terme pour chaque pays, de sorte qu'ils ne sont pas directement comparables. On peut soupçonner que les valeurs immobilières ont malgré tout changé dans certains pays, soit que le pays s'est enrichi rapidement (Irlande) soit que la spéculation a joué... Sans parler des effets du contrôle des loyers dans certains cas.
Néanmoins, il est frappant de noter d'emblée que la bulle immobilière des États-Unis n'est pas la plus démesurée. Elle paraît même plutôt sage comparée aux excès des marchés en Irlande, au Royaume-Uni, en France et... au Canada. (Ne parlons pas de l'ancienne bulle japonaise, dont l'éclatement au tournant des années 1990 se poursuit encore, à en juger par la baisse continue des prix au Japon, sûrement favorisée par le vieillissement de la population là aussi...) Par conséquent, on ne peut pas se rassurer en écartant d'emblée la possibilité d'une baisse marquée au Canada. Si les États-Unis s'enfoncent dans le marasme économique, la bonne santé relative du Canada en ce moment ne saurait durer et un ajustement des valeurs s'ensuivra.
Mais si le marché canadien est condamné à retomber lui aussi, il faut noter l'ampleur des baisses enregistrées (pour l'instant) aux États-Unis, dans des villes du nord-est que l'on peut rapprocher plus ou moins de Montréal (en particulier dans le cas de Boston). Ces baisses donnent une petite idée de ce que l'on pourrait observer au Canada si notre propre bulle éclatait...
Par exemple, les indices Case-Schiller permettent de suivre l'évolution du prix de vente des maisons dans plusieurs villes aux États-Unis. Si j'ai bien compris, il n'est pas interdit d'exploiter les données disponibles et j'ai donc construit la figure suivante, dont on aura déjà vu de nombreuses versions depuis l'éclatement de la bulle immobilière.
Il s'agit uniquement des données pour les maisons unifamiliales. Le paradoxe de l'éclatement de la bulle immobilière, c'est qu'en dépit de la baisse très visible dans ce diagramme, les personnes qui auraient acheté en 2000 ou en 2001 bénéficieraient encore aujourd'hui d'une plus-value correspondant à une augmentation annuelle de 5% environ. Par contre, celles qui auraient acheté au sommet du marché en 2006 auraient vu la valeur de leur acquisition dégringoler d'environ 30%.Dans le cas des condos, les données sont moins abondantes. Dans la figure ci-dessous, les courbes permettent de suivre l'évolution du prix des condos à Boston et New York.
Le plus intéressant, c'est le comportement distinct des condos relativement aux maisons unifamiliales dans ces deux villes. L'augmentation depuis 2000 est du même ordre (60,9% à Boston et 95,1% à New York), mais la baisse consécutive au maximum a été nettement moins prononcée dans le cas des condos (approximativement 15% à Boston comme à New York). Qu'est-ce qui explique cette différence? Il est tentant de l'interpréter a priori en fonction de deux phénomènes : le vieillissement du baby boom, qui entraînerait une demande soutenue de co-propriétés, et les fluctuations du prix de l'essence qui pénaliseraient des maisons souvent situées plus à l'écart des centres urbains que les condos (ce qui nous ramène à la problématique du pic pétrolier).Au Canada, les données sont plus difficiles à obtenir de l'organisme qui les compile. Tout le Québec est représenté par le marché montréalais, qui est essentiellement à la hausse depuis l'an 2000 (+107,4%). La question, c'est de savoir si le marché canadien peut éviter d'être entraîné dans la descente aux enfers des États-Unis. La résistance du marché canadien peut se juger en fonction de la tendance de fond du rapport du prix moyen des maisons au revenu moyen ou à la valeur moyenne des loyers. Le rapport prix/revenu mesure l'accessibilité de l'achat d'une maison par rapport à l'introuvable salarié moyen. Le rapport prix/loyer mesure en quelque sorte l'intérêt d'acheter plutôt que de louer. (Mais ces deux rapports négligent de nombreux facteurs, dont le coût d'une hypothèque, par exemple; or, comme les taux d'intérêt sont restés historiquement bas depuis 2001 environ, le vrai prix d'une maison a pu évoluer à la hausse sans que son coût effectif pour l'acheteur augmente autant...)
Ces données sont disponibles dans le tout dernier rapport de l'OCDE. L'évolution du rapport du prix moyen d'une maison à la valeur moyenne d'un loyer est illustrée dans le diagramme suivant pour quelques pays occidentaux...
Et l'évolution du rapport du prix moyen d'une maison au revenu moyen est illustrée dans cette figure fort ressemblante.
Ce qu'il convient de noter, c'est qu'il s'agit d'index normalisés relativement à la tendance sur le long terme pour chaque pays, de sorte qu'ils ne sont pas directement comparables. On peut soupçonner que les valeurs immobilières ont malgré tout changé dans certains pays, soit que le pays s'est enrichi rapidement (Irlande) soit que la spéculation a joué... Sans parler des effets du contrôle des loyers dans certains cas.Néanmoins, il est frappant de noter d'emblée que la bulle immobilière des États-Unis n'est pas la plus démesurée. Elle paraît même plutôt sage comparée aux excès des marchés en Irlande, au Royaume-Uni, en France et... au Canada. (Ne parlons pas de l'ancienne bulle japonaise, dont l'éclatement au tournant des années 1990 se poursuit encore, à en juger par la baisse continue des prix au Japon, sûrement favorisée par le vieillissement de la population là aussi...) Par conséquent, on ne peut pas se rassurer en écartant d'emblée la possibilité d'une baisse marquée au Canada. Si les États-Unis s'enfoncent dans le marasme économique, la bonne santé relative du Canada en ce moment ne saurait durer et un ajustement des valeurs s'ensuivra.
Mais si le marché canadien est condamné à retomber lui aussi, il faut noter l'ampleur des baisses enregistrées (pour l'instant) aux États-Unis, dans des villes du nord-est que l'on peut rapprocher plus ou moins de Montréal (en particulier dans le cas de Boston). Ces baisses donnent une petite idée de ce que l'on pourrait observer au Canada si notre propre bulle éclatait...
Libellés : Statistiques, Économie
2009-10-25
Une solution au dilemme électoral à Montréal
Comme souvent, le dilemme électoral à Montréal était sans doute insoluble s'il était considéré du seul point de vue des compétences et qualifications des candidats. Mais le citoyen peut aussi voter en recherchant non un résultat qui dépendrait de la performance des élus mais un résultat qui serait la conséquence directe du vote. Par exemple, l'élection de Louise Harel n'entraînerait pas nécessairement une meilleure gouvernance de la ville de Montréal (du moins, selon mes critères) ou même l'accomplissement des promesses électorales de l'équipe Harel, mais un vote majoritaire des Montréalais en faveur de Louise Harel constituerait un désaveu fort des politiques et pratiques de Gérald Tremblay. C'est la distinction entre un pari sur l'avenir (toujours fort risqué) et la perception plus prévisible des résultats d'un vote...
Ces jours-ci, j'avais loué une voiture et j'ai traversé le cœur du Québec en me faisant rappeler une fois de plus à quel point de nombreux chauffeurs québécois enfreignent le code de la route sans aucune gêne : feux rouges brûlés, oublis de signaler des virages ou changements de voie, hésitation à se ranger pour laisser passer une ambulance ou un camion de pompiers, excès de vitesse... La culture du tout-m'est-dû règne aussi chez les conducteurs québécois. De sorte qu'un piéton confirmé peut opter pour un choix électoral à Montréal susceptible de rappeler aux propriétaires de voiture que conduire sur les voies publiques est un privilège et non un droit...
Ce soir, j'ai donc résolu le dilemme électoral en profitant du scrutin anticipé. D'ici une dizaine de jours, je saurai si j'ai été le seul à penser ainsi.
Ces jours-ci, j'avais loué une voiture et j'ai traversé le cœur du Québec en me faisant rappeler une fois de plus à quel point de nombreux chauffeurs québécois enfreignent le code de la route sans aucune gêne : feux rouges brûlés, oublis de signaler des virages ou changements de voie, hésitation à se ranger pour laisser passer une ambulance ou un camion de pompiers, excès de vitesse... La culture du tout-m'est-dû règne aussi chez les conducteurs québécois. De sorte qu'un piéton confirmé peut opter pour un choix électoral à Montréal susceptible de rappeler aux propriétaires de voiture que conduire sur les voies publiques est un privilège et non un droit...
Ce soir, j'ai donc résolu le dilemme électoral en profitant du scrutin anticipé. D'ici une dizaine de jours, je saurai si j'ai été le seul à penser ainsi.
Libellés : Montréal, Politique
