2008-12-29

 

La chorale du pigiste

Pendant que le Japon succombe sans doute en fin d'année, une fois de plus, au phénomène du daiku, c'est-à-dire à la performance répétée de la neuvième symphonie de Beethoven (une tradition qui remonterait à la Première Guerre mondiale), je ne peux résister à ce recyclage de l'hymne à la joie par un écrivain pigiste:

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2008-05-03

 

La science-fiction européenne en vidéo

J'ai déjà parlé (un peu) de l'anthologie de James et Kathryn Morrow, The SFWA European Hall of Fame: Sixteen Contemporary Masterpieces of Science Fiction from the Continent, parue l'an dernier. Cette nouvelle vidéo de Jeff et Ann VanderMeer, désormais disponible sur YouTube, inclut des extraits d'entretiens avec les Morrow et aussi avec l'auteur et traducteur grec Panagiotis Koustas.


Elle a été tournée durant les Utopiales de Nantes en 2007 et produite à l'occasion de la sortie en édition de poche grand format de cette anthologie qui vaut le détour. Je dois avouer que cette vidéo est aussi pour moi la première occasion de découvrir le visage et la voix de Koustas, qui a traduit deux de mes nouvelles (« The Falafel Is Better in Ottawa » et « Stella Nova ») pour le magazine grec Ennéa. Malheureusement, sa femme et collaboratrice, Hedwig-Maria Parakouda, n'est pas dans la vidéo.

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2007-02-28

 

Jean-Louis Trudel, vidéaste

Mon premier film!

Évidemment, il n'y a pas une image qui soit de moi. Ce que j'ai fait, c'est un montage d'une vingtaine de minutes qui combine les éléments les plus intéressants de deux séries de courts films réalisés par Frank B. Gilbreth entre 1910 et 1924, mis à la disposition du public par la collection Prelinger et le site Internet Archive. Comme les films sont libres de droits, j'ai pu faire ce que j'ai souvent envie de faire avec les films que je montre en classe : supprimer ce qu'il y a de plus ennuyeux ou répétitif et conserver uniquement ce qui est pertinent pour ma classe. Les séquences en-ligne totalisent 32 minutes, mais ma version remaniée ne fait plus que 22 minutes environ.

Je ne le mettrai pas en-ligne. D'abord, le fichier résultant pèse plus de six cents mégaoctets. Le téléchargement prendrait beaucoup trop de temps. Ensuite, il faut dire que je ne suis pas entièrement content du produit fini, qui pourrait encore être amélioré. Je n'y retoucherai pas du semestre, mais si je donne de nouveau le même cours sur l'histoire des techniques, j'envisagerai la chose. Le plus ironique, certes, c'est qu'en fin de compte, je n'ai pas eu le temps de montrer mon film en classe aujourd'hui. Ce sera donc pour la semaine prochaine...

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2007-02-08

 

Personnes humaines

Sur son blogue, Anne Galloway dit des vidéos d'Amanda M. Baggs (silentmiaow) sur YouTube qu'ils sont « one of the most astounding things I have ever seen ». Elle ne parle pas à la légère...

Amanda Baggs, autiste. Amanda Baggs, artiste. Les deux énoncés sont vrais. Ses vidéos sont fascinants et troublants, tout comme son blogue. Elle décrit un rapport différent au monde, à la fois naturel et social. Elle évoque l'absence d'une barrière entre sa personne, son sens du soi et le reste du monde, et son incapacité à faire abstraction du monde naturel pour entrer dans le monde social construit par le cerveau simien. (Temple Grandin, également connue comme autiste, exprime certaines des mêmes idées et a exploité son autisme pour se mettre dans la peau des animaux.) On associe de plus en plus l'autisme à un dysfonctionnement des neurones miroir, qui seraient alors la clé de l'égocentrisme humain. Nous nous intéressons plus rapidement aux faits et gestes de nos semblables, nous nous mettons plus facilement à leur place, nous imaginons plus volontiers leurs pensées, leurs émotions, leurs réactions... Faute d'être prédisposés à nous identifier aux animaux et au monde naturel, sommes-nous donc condamnés à être des pollueurs et des carnivores? Si oui, l'alternative est claire : la Terre appartiendra aux autistes ou l'humanité se noiera dans sa merde...

Damasio soutient que la sélection est l'essence même de la conscience et de l'intelligence, mais Amanda Baggs remet en question cette exigence. Ou peut-être pas. Elle affirme elle-même qu'elle n'est véritablement éloquente que sur quelques sujets, comme l'autisme, les seuls peut-être qu'elle n'a pas eu le choix de traiter avant tous les autres.

Plus on est intelligent, plus il est possible de se sentir exceptionnel, et de se convaincre, et de convaincre les autres. C'est la seule réserve que je formule sotto voce, peut-être pour conjurer un peu l'émotion brute. De même, en regardant About Being Considered "Retarded" et In My Language, j'étais aussi tenté de penser qu'une future intelligence artificielle pourrait poser sur nous, les « normaux » actuels, le même regard que nous posons sur ceux qui n'ont pas exactement les mêmes réactions et les mêmes capacités que nous, ou qui sont plus lents dans certains domaines. Mais peut-être qu'au lendemain de la Singularité, nos successeurs — des personnes qui ne seront plus humaines — seront surpris tout à la fois par nos forces et par nos faiblesses, nos talents et nos stupidités...

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2006-11-20

 

La SF en images de synthèse

Comme on disait de Mahomet et de la montagne, on peut dire que si le cinéma ne vient pas à la littérature, il devient maintenant possible pour la littérature de venir au cinéma...

L'auteur français Yann Minh (Thanatos — Les récifs) a réalisé un court-métrage en haute définition disponible ici en QuickTime. Il s'agit d'une expérience plus visuelle que narrative, mais j'ai eu l'impression d'y retrouver des images et des scènes qui auraient pu être inspirées par le roman. En tout cas, il s'agit d'une réalisation à base d'images de synthèse qui vaut bien 90% de ce qu'on peut voir ces temps-ci sous l'étiquette « science-fiction ». J'ai beau aimer ce que je vois, de temps en temps, de Battlestar Galactica ou de Stargate Atlantis, sans parler de trucs plus anciens comme Stargate SG-1 ou les différentes séries de la machine Star Trek, mais on finit souvent par retrouver le même imaginaire visuel.

Si cinq minutes de cette qualité peuvent être réalisées par un seul créateur, j'avoue me demander ce qui empêcherait la création de réalisations semblables inspirées par d'autres textes de SF. La rentabilité, sans doute... Et le problème des acteurs. On peut synthétiser l'apparence des acteurs, voire certaines mimiques, mais on ne peut pas encore créer des voix ex nihilo. Et même si c'est sans doute loin de coûter ce que coûte une super-production de SF de nos jours, un petit budget n'est pas plus facile à justifier qu'un grand s'il n'y a pas un retour sur investissement acceptable...

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