2006-02-05

 

Pratchett, comme une friandise...

En parlant d'étrennes, avouons que le mois de février n'est pas trop tard pour en recevoir. Hier, je m'aventurais sur la Rive Sud pour la fête d'une amie de mon complice ès forfaits littéraires, Yves Meynard. Ayant donné son nom pour un test des six degrés de séparation imaginé par le chef de pupitre des livres de Voir, je suis curieux de voir où cet enchaînement va mener... (Tous les détails dans le numéro de la Saint-Valentin de l'hebdo culturel.) En attendant, nous avons procédé à un petit échange de cadeaux.

Bien entendu, les cadeaux tout désignés pour des auteurs sont des livres. J'ai hérité de Mort, de Terry Pratchett, le quatrième roman dans la série de Discworld. (Après tout, Pratchett et Laurent McAllister se sont déjà retrouvés ensemble sur une table ronde à Con*Cept.) En revenant sur mon île, j'ai commencé à le lire dans le métro et j'ai vite décidé de le terminer au café. De temps en temps, il faut savoir se faire plaisir. L'humour de Pratchett est bien anglais, rappelant un peu celui de Douglas Adams, et fait appel à toutes les ressources de l'art. Notes absurdes en bas de page, digressions incongrues, aphorismes assassins, comparaisons délirantes faisant intervenir des réalités de notre siècle dont la simple évocation dans le contexte de Discworld provoque le sourire, plaisanteries parfaitement traditionnelles, quelques blagues éculées, beaucoup de rapprochements inattendus... Et très peu de jeux de mots. Certains humoristes québécois devraient se le tenir pour dit (Ghislain Tachereau, par exemple).

Comme le veut l'expression consacrée, cela se lit d'une traite et c'est ce que j'ai fait, en finissant un peu avant deux heures du matin.

Tout le monde a lu Pratchett, me direz-vous? Pas moi. J'ai lu un de ses romans, qui avait fini par m'ennuyer et que j'avais refilé à une cousine alitée. (Je suis fermement d'avis que l'humour d'un livre est une chose non seulement intrinsèque mais contextuelle. Que ne trouvera-t-on pas désopilant quand on est confiné à une chambre d'hôpital? C'est ce qui explique sans doute la présence souvent observée de compilations de blagues particulièrement poches sur les tables de chevet des malades. Sinon, il faudrait supposer que ces livres rendent malades...) J'ai aussi lu quelques textes plus courts de Pratchett et j'aurais tendance à dire qu'il se lit mieux quand il n'est pas obligé de faire un livre complet.

Comme pour toute friandise, il ne faut pas abuser. L'imagination de Pratchett est suffisamment débridée et ses dialogues admirables de maîtrise pour ne pas décevoir le lecteur d'un livre donné. On retient de celui-ci le personnage de la Mort qui découvre le bonheur en introduisant le fast food au monde du Disque... Mais, pour ménager mes plaisirs, je ne me précipiterai pas sur un autre Pratchett avant un moment.

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