2006-03-21

 

Souvenirs de Milan

Alors que Silvio Berlusconi achève de sombrer dans le ridicule en promettant tout et n'importe quoi, s'acheminant en apparence vers une défaite inéluctable, on se demande si « Il Cavaliere » laissera à sa ville de prédilection, Milan, au moins autant que la famille Sforza qui avait eu l'intelligence d'embaucher Léonard de Vinci... D'une fresque expérimentale qui a presque tout de suite commencé à tomber en miettes (La Cène) aux manuscrits conservés à la Biblioteca Ambrosiana, les fruits du séjour milanais de Léonard suscitent encore aujourd'hui l'intérêt et font courir les foules (avec l'aide de Dan Brown, il est vrai, dans le cas de La Cène). J'inclus à droite ma carte d'usager (éphémère) de la Biblioteca Ambrosiana qui m'a permis de consulter non pas le Codex Atlanticus de Léonard mais des livres qu'il a fort bien pu consulter lui-même, en particulier deux incunables latins — une édition romaine de Vitruve parue en 1486 et une édition florentine de Vitruve parue en 1496. Des livres qui existaient du vivant de Léonard, qui traitaient d'architecture et qui auraient certainement pu l'intéresser à l'époque où il essayait d'apprendre le latin.

Ce séjour de Léonard à Milan a été si fructueux que même les simples projets, ébauches ou idées du Florentin ont parfois été honorés en connaissant une réalisation a posteriori. Ainsi, la statue équestre conçue par Léonard a été en partie recréée dans un petit parc à l'extérieur du centre-ville, mais tout proche du stade de foot San Siro. En juin 2004, j'avais fait un grand tour de cette banlieue milanaise, tombant enfin sur le cheval inspiré par le projet mort-né de Léonard. À l'origine, il s'agissait de représenter Francesco Sforza trônant sur sa monture caparaçonnée tandis qu'un ennemi vaincu serait étendu sur le sol. Mais cette version du cavallo de Léonard n'a pas de cavalier. Comme s'il s'agissait avec de nombreuses années d'avance d'un funeste augure pour Berlusconi, cavaliere sur le point de vider les étriers, lui aussi... Léonard l'inventeur inspire depuis longtemps des reconstructions de ses inventions sur papier. Les premières que j'ai eu l'occasion de voir étaient exposées à... Chicoutimi! (Sans doute dans la foulée de la grande exposition léonardienne au Musée des Beaux-Arts à Montréal en 1987, car elles faisaient partie d'une exposition à l'ancien Séminaire en 1988, au moment de Boréal 10.) J'en avais découvert d'autres au Clos-Lucé d'Amboise en 1990. Sans surprise, le musée des sciences et des techniques de Milan offre aux visiteurs d'autres machines construites d'après les dessins de Léonard. En juin 2004, je me souviens d'avoir été impressionné par la reconstitution d'un métier à tisser, mais, pour les besoins de ma thèse, j'ai photographié la maquette du mécanisme imaginé par Léonard pour la propulsion de bateaux. Imaginé, mais pas tout à fait inventé, car il n'était pas le premier à plancher sur la navigation mécanique; la combinaison des roues et de l'engrenage, toutefois, est relativement originale.

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Comments:
Cher Jean-Louis,
Bien que connaissant de longue date vos interventions sur les listes de discussion, je découvre aujourd'hui seulement votre excellent blog. Je l'ajoute dès à présent aux liens de mon propre blog, que j'anime sous le nom du Transhumain, et que vous connaissez peut-être : http://findepartie.hautetfort.com.
Amicalement,
Olivier Noël (Galaxies)
 
Salut,
Ce blogue était destiné à l'origine à être le pendant d'un site d'auteur. Comme celui-ci n'est pas prêt, je n'ai pas encore investi beaucoup dans sa publicisation. Mais je connais effectivement votre blogue, d'excellente tenue, même si je n'ai pas souvent l'occasion de le lire.
 
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